Gravure à l’eau-forte – Partie 3 : aquatinte

Lors du précédent article consacré à l’eau-forte, j’avais expliqué le fonctionnement de base de cette technique, qui permet d’obtenir une gravure au trait suite à une ou plusieurs morsures dans le perchlorure de fer. Cependant, il existe nombre d’autres procédés à l’eau-forte produisant des résultats très différents ! Celui dont je souhaiterais parler aujourd’hui est donc l’aquatinte.

À l’inverse de l’eau-forte « au trait » déjà présentée en détail, l’aquatinte permet d’obtenir une apparence de lavis à peu près similaire à un travail à l’encre de Chine diluée ou à l’aquarelle. Au lieu de chercher à avoir des traits fins et nets, le but ici est de créer des à-plats, de la matière, sur la base d’une texture grainée qui évoque un peu une trame d’impression.

Lire la suite

Gravure à l’eau-forte – Partie 2 : impression

Dans le précédent article, je présentais rapidement la technique de l’eau-forte et les différentes étapes nécessaires à la gravure de la plaque de cuivre. Dans cette seconde partie, il est temps de passer au but premier de la réalisation d’une gravure, l’impression sur papier. À l’époque de l’impression numérique sans limite, passer autant de temps entre le vernis, l’acide, puis l’encrage manuel de la plaque, un tirage à la fois, peut paraître un peu anachronique. Mais toutes les technologies contemporaines ne peuvent égaler la beauté et la texture d’une impression artisanale, où le savoir-faire de l’artisan imprimeur, la précision de son geste, s’expriment encore pleinement.

Lire la suite

Gravure à l’eau-forte – Partie 1

Après la gravure sur bois, il est temps cette fois pour moi de présenter une des nombreuses techniques de gravure sur métal, l’eau-forte.

L’eau-forte consiste à recouvrir une plaque de cuivre (ou de zinc) d’un vernis spécial dit vernis dur (à l’opposé du vernis mou, une autre technique de gravure), dans lequel on viendra dessiner avec une pointe, de façon à mettre à nu le métal aux endroits désirés. La plaque ainsi travaillée est ensuite plongée dans un acide, qui viendra ronger le cuivre uniquement aux endroits où celui-ci est découvert, tandis que les zones vernies resteront inaltérées. La particularité de cette technique est donc que le graveur n’incise pas le métal en lui-même avec son outil, mais simplement le vernis, ce qui permet un travail très fluide, des traits souples assez proches du dessin. Il s’agit en outre d’une réalisation beaucoup plus rapide et moins physique que d’autres techniques de taille-douce, comme le burin, qui demande davantage de technicité pour maîtriser l’instrument.

Lire la suite

Aquarelle : Pele

Ces derniers temps, avec la préparation de l’exposition de novembre, j’ai principalement travaillé en noir et blanc, que ce soit à l’encre de Chine ou en gravure. Il était temps de ramener un peu de couleurs sur ce blog, en l’occurrence des couleurs océaniennes, avec une aquarelle que j’avais évoquée rapidement lors de mon précédent article et que je peux maintenant partager !

Lire la suite

Nouvelles encres

Ces dernières semaines, en parallèle d’une aquarelle de belle taille* que j’espère pouvoir dévoiler bientôt, je consacre l’essentiel de mon temps aux gravures et dessins à l’encre qui constitueront mon exposition de novembre. Une seconde gravure sur bois est en cours de conception, mais ces jours-ci, j’ai privilégié le dessin, avec une petite variation.

En effet, cela faisait un moment que j’avais en tête une idée de série autour des formes et textures du végétal, mais à l’encre blanche sur fond noir au lieu de l’inverse, plus habituel. J’avais déjà acquis de l’encre blanche il y a un bon moment, le fait de devoir racheter une pointe de Rotring fine suite à la fin tragique de la précédente a finalement été le déclencheur :

Lire la suite

Gravure sur bois

Dans un précédent article, j’évoquais rapidement les deux plaques de tilleul ci-dessous, ainsi que leur usage. Il est temps d’en dire un peu plus !

Ces plaques proviennent d’un tilleul tombé que mon compagnon (Talagan, qui a aussi conçu ce site) a débité en planches il y a plus d’un an afin d’en stocker le bois pour un usage futur en lutherie. J’ai pu choisir des morceaux issus du bord de l’arbre, pour leurs formes irrégulières intéressantes pour moi, et il a bien voulu me les dégauchir, tailler, polir, jusqu’à ce que j’obtienne un matériau propice à l’exercice de la gravure. Il ne me restait plus qu’à me lancer.

Lire la suite

Sergio Toppi, l’art du noir et blanc et la fusion des formes

J’avais prévu d’utiliser ce blog également pour présenter certain.e.s artistes qui m’inspirent, et pas seulement mon propre travail. Comme en ce moment, je travaille plutôt à l’encre de Chine, il m’a semblé logique de commencer par un maître de la plume et du noir et blanc, l’artiste italien Sergio Toppi.

Je vous passe les détails de sa biographie, vous les trouverez sans peine sur internet ! J’ai découvert les travaux de Sergio Toppi il y a un an ou deux à peine, au hasard d’une page internet d’abord puis grâce aux éditions Mosquito qui ont republié ces dernières années certaines de ses œuvres, notamment la série Sharaz-De, qui reprend le récit de Shéhérazade et des Mille et une nuits avec autant de beauté que d’audace dans le traitement graphique, notamment la composition des pages, toujours très recherchée.

Sergio Toppi explore de nombreux registres, du conte au western en passant par le Japon ou le Pacifique, esquissant avec beauté et précision la diversité des visages, des lieux, des êtres. Il travaille à l’occasion la couleur, mais personnellement, ce sont ses noirs et blancs qui me touchent le plus. La vie solennelle qui anime les visages humains et animaux se mêle à la richesse des textures, le travail des contre-formes, des vides et des pleins, en une créativité de composition qui semble infinie.

Lire la suite

Nouveaux travaux, projets

Cette semaine et la précédente, j’ai ressorti l’encre de Chine, les pinceaux et les stylos Rotring pour deux nouveaux travaux en noir et blanc. L’un est un assez grand dessin, format 28×38 cm, qui s’inspire de la végétation de Nouvelle-Calédonie, mêlant les plantes étranges du maquis minier du Grand-Sud aux pins colonnaires (araucarias), taros, fougères que l’on retrouve dans d’autres espaces écologiques de l’archipel. Le second est un carnet accordéon, ce que l’on appelle un leporello (du nom du Valet de Don Giovanni dans l’opéra éponyme de Mozart, qui étale avec ce procédé la liste des conquêtes de son maître).

Le leporello est un support que j’aime beaucoup, le pliage des pages permet de réaliser de grandes fresques horizontales, de laisser le dessin s’étendre librement, mais aussi de créer des ruptures, des jeux, en rapprochant une page d’une autre, créant de nouvelles compositions. Les variations et possibilités sont bien plus grandes qu’avec un carnet classique.

Lire la suite

Bienvenue sur mon nouveau site d’illustration

J’ai le plaisir d’inaugurer aujourd’hui mon site flambant neuf, où l’on peut découvrir divers aspects de mon travail d’illustration, des projets professionnels ou personnels, dans les domaines de l’imaginaire ou des thématiques plus sociétales. J’espère qu’il vous plaira et que vous en apprécierez la consultation !

Lire la suite