Gravure à l’eau-forte – Partie 2 : impression

Dans le précédent article, je présentais rapidement la technique de l’eau-forte et les différentes étapes nécessaires à la gravure de la plaque de cuivre. Dans cette seconde partie, il est temps de passer au but premier de la réalisation d’une gravure, l’impression sur papier. À l’époque de l’impression numérique sans limite, passer autant de temps entre le vernis, l’acide, puis l’encrage manuel de la plaque, un tirage à la fois, peut paraître un peu anachronique. Mais toutes les technologies contemporaines ne peuvent égaler la beauté et la texture d’une impression artisanale, où le savoir-faire de l’artisan imprimeur, la précision de son geste, s’expriment encore pleinement.

Comme pour la gravure sur bois détaillée il y a quelques temps, retour bien sûr aux Ateliers Moret, où je bénéficie cette fois pour mon tirage de l’expertise de Didier !

Comme le procédé est relativement identique à l’impression d’une gravure sur bois, je vais aller assez vite. La principale différence est que contrairement à mon précédent tirage en gaufrage, cette fois-ci, il faut encrer la plaque. L’artisan imprimeur étale l’encre au rouleau sur l’ensemble de la plaque, puis il faut alors… l’essuyer. Oui. On enlève presque toute l’encre déposée sur la surface de façon à la préserver uniquement dans les sillons gravés. C’est là que la maîtrise technique de l’imprimeur s’exprime en bonne partie, puisqu’il faut un geste bien précis pour nettoyer à la perfection la surface sans retirer trop d’encre à l’intérieur du sillon. Et surtout, pour obtenir un résultat identique à chaque tirage.

On commence donc par essuyer avec un tissu aérien à maillage large, la tarlatane, qui va enlever le gros de l’encre. Pour finir, l’imprimeur va recouvrir sa paume de blanc de Meudon (une poudre blanche semblable à du talc) et retirer les derniers vestiges d’encre à la paume, avec un geste très rapide et précis.

Les bords de la plaque sont essuyés au chiffon. Pendant ce temps, le papier a été mis à tremper afin d’être gorgé d’eau et de mieux capter l’encre. Comme la dernière fois, la plaque est disposée sur un zinc (bon en l’occurrence un plastique) où ont été tracées des marges pour positionner la matrice puis la feuille. On passe le tout sous presse, et hop.

Il serait évidemment dommage que l’imprimeur ne tâche le beau papier blanc avec ses mains pleines d’encre. ^^ Il utilise par conséquent des petites pinces pour manipuler le papier, au moment de le poser sur la presse puis de le mettre de côté. Et voilà donc le résultat du tirage :

Au fur et à mesure des impressions, celles-ci sont réservées sur un buvard, les unes sur les autres, séparées par du papier de soie. Le papier étant humide, elles vont rester à sécher à l’atelier au moins toute la nuit, sous des poids de façon à rester plates.

Il y avait un peu de suspense pour moi avant le début du tirage, car j’avais choisi mes temps de morsure dans le perchlorure au jugé sans vraiment de tests préalables. Mais la profondeur du trait est tout à fait conforme à ce que j’espérais, et encore une fois, le travail d’impression est vraiment très beau, bien que ni photographies ni scans ne puissent lui rendre justice.

Voilà pour le travail de l’eau-forte et l’impression en taille-douce. D’autres gravures issues de la même série devraient suivre dans le courant du mois d’août !

À très bientôt,

Amaryan

10 réflexions sur « Gravure à l’eau-forte – Partie 2 : impression »

    1. Yay ! Ravie que les explications soient claires et permettent de bien appréhender ce que représente la réalisation d’une gravure… et que le résultat te plaise. ^_^

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